PARTAGER

L’Ageroute et la Dscos déclarent la guerre aux constructions illégales. Hier, près du rond-point « Case-bi », au marché Gueule Tapée, elles ont procédé à la démolition d’un chantier de 47 cantines en construction, un projet de la mairie du Golf Sud.

Ousmane Ndiaye n’a pas le temps d’échanger quelques formules de politesse au gré de ses rencontres comme il le fait chaque matin. Un « salamalec » suffit. L’homme est pressé. Très pressé même. Il vient d’être réveillé par un ami qui l’a informé que de gros engins, sous la surveillance de gendarmes armés jusqu’aux dents, au marché Gueule Tapée, près du rond-point « Case-bi », sont en train de démolir des constructions. Le bruit a installé la panique dans ce marché aux légumes très prisé par les femmes des Parcelles assainies et de Guédiawaye. Arrivé à son échoppe, il s’efforce de sourire puis, sans tarder, à l’aide d’une pierre, il essaie de démonter son installation de fortune en bois sous la pression des gendarmes. « Nous n’attendons que vous pour démarrer les travaux, faites vite ! », lance l’un des gendarmes qui se faufile entre les tables. En réalité, Ousmane subit des dommages collatéraux. L’Ageroute et la Dscos procèdent à la démolition des cantines en construction sur l’emprise de la route.

Le promoteur de ce projet n’est personne d’autre que la municipalité de Golf Sud. Par précaution, les tabliers qui étaient proche de ce chantier ont été déplacés. «Nous démolissons un bâtiment que la mairie de Golf Sud est en train de construire sur cet axe sans droit, ni titre. Le projet porte sur la construction de 47 cantines R+1 », explique le chef d’escadron, Papa Saboury Ndiaye. Informés au mois de février de ces travaux, des mesures préventives ont été prises, indique le directeur de la Dscos. Ainsi, une sommation d’arrêt des travaux a été servie à la municipalité. « Au mois de mars, nous avons émis une autre sommation d’arrêt systématique des travaux. Le ministre de l’urbanisme nous avait saisis pour dénoncer ce chantier. Au mois de juillet, nous avons également, par le biais de la brigade territoriale compétente, émis une sommation de démolition. Le préfet avait sorti un arrêté interdisant les travaux. Malgré tout, la mairie a persisté dans sa démarche. C’est pourquoi, la Descos est obligée de procéder à la démolition de ces constructions irrégulières », explique le directeur de la Descos.

Prolongement de la Vdn
Papa Saboury Ndiaye explique que ces bâtiments sont érigés sur un axe qui est la continuité des deux voies partant de Camberène et qui doivent relier la section 2 de la Vdn, la route des Niayes, celle de Rufisque et l’autoroute à péage. Cet axe constitue une dorsale pour rendre fluide la circulation et désengorger cette partie de Dakar. « Les maires doivent comprendre qu’ils n’ont pas de compétence sur les voies dites classées. Elles sont régies par un décret. Seule l’Ageroute est habilitée à y faire des transactions », indique Papa Saboury Ndiaye. «  Je demande à ceux qui tentent de se faire délivrer des autorisations d’occuper à titre précaire et révocable d’arrêter parce qu’ils ne font que jeter leur argent. Ces papiers sont illégaux », soutient le chef d’escadron. L’officier de la gendarmerie estime que « si les textes et les conseils ne suffisent plus », la meilleure manière de lutter contre ces occupations anarchiques reste la démolition. « La Descos descendra sur le terrain, après avoir rempli les formalités, pour faire cesser ce désordre », avertit Papa Saboury Ndiaye.

Lutter contre l’anarchie
Il souligne que ce sont les commerçants du marché qui ont saisi le ministre du Renouveau urbain pour dénoncer la construction de ces cantines. «Avant de construire, les municipalités doivent demander l’avis de l’Ageroute. Quand quelqu’un construit sans droit ni titre, les démolitions sont faites à ses frais. Mais pour aller plus vite, l’administration a décidé de prendre en charge les frais », indique le directeur général de la Dscos.

«L’Ageroute et la Dscos se sont mobilisées pour mettre fin à toutes les occupations illégales sur l’emprise des routes classées. Nous avons remarqué, depuis un moment, que des autorisations sont données pour construire des cantines, des stations, etc., sans l’avis de l’Ageroute qui est le gestionnaire du réseau routier classé. Et pour qu’une emprise soit occupée de façon précaire et irrévocable, il faut une autorisation de l’Ageroute », déclare le directeur de la Gestion et de l’entretien du réseau à l’Ageroute, Mamadou Alassane Camara. Il soutient que ces opérations se poursuivront et concerneront tout le réseau classé national. « Nous les mènerons, en toute légalité, pour que les emprises de routes soient préservées. L’Etat investit beaucoup dans la construction des routes et leur entretien. Dans un Etat organisé, on ne peut pas accepter que n’importe qui se réveille un bon matin et donne des autorisations sans recueillir l’avis des agents techniques de l’Etat qui ont en charge l’activité », déplore-t-il.

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE